J’ai longtemps hésité avant de publier cet article sur le blogue. Il traite de problèmes internes qu’a l’Inde avec des séparatistes de l’État d’Assam. J’ai hésité puisqu’il parle de morts et d’insécurité dans la région. Ensuite, je me suis dit que ce blogue doit parler de l’Inde le plus objectivement possible. Alors voilà, cet article est à prendre avec un grain de sel mais l’ignorer serait aussi une erreur.
M. Pour destination Inde
Trois jours de terreur
Des membres des forces de l’ordre inspectent des rails.
Pour une troisième journée consécutive, les indépendantistes de l’État indien d’Assam ont semé la terreur au sein de la population, tuant au moins huit autres personnes, dimanche. Ce nombre s’ajoute aux 55 individus morts depuis vendredi.
L’attaque la plus violente est survenue dans une usine de briques, à Khagorijan, à 400 kilomètres de la capitale de l’État, Guwahati. Les rebelles ont tiré sur sept travailleurs de langue hindi, les tuant sur le coup. Dans un incident séparé, un commerçant a été tué à bout portant.
Il s’agit des pires violences à secouer cette région du nord-est du pays depuis une décennie.
Un couvre-feu a été imposé dans une partie de l’État. L’armée a pour sa part commencé à ratisser les forêts des environs pour retrouver les camps où se retranchent les rebelles.
Les travailleurs visés sont pour la plupart originaires de l’État voisin de Bihar. Ils s’expriment en hindi et ne parlent pas la langue locale de l’Assam. Les indépendantistes les accusent de prendre le travail des populations locales et réclament leur expulsion.
Un samedi noir
Samedi, une dizaine de raids, ainsi que des attentats visant des travailleurs et des commerçants, ont fait au moins 55 morts et des dizaines de blessés, selon un bilan des autorités locales. Les localités de Tinsukia, de Sivasagar et de Dibrugarh ont été touchées par des explosions ou des attaques.
Une victime des attaques de samedi
Un autre attentat, samedi, a provoqué la mort de cinq policiers et de deux fonctionnaires qui venaient de surveiller des élections locales dans un district à environ 260 kilomètres de la capitale. La police a imputé cette attaque au Front de libération de Karbi Longri, un autre mouvement séparatiste opérant en Assam.
Le premier ministre de l’Inde, Manmohan Singh a condamné les tueries, les qualifiant de « lâches et inhumaines ». Le chef du gouvernement de l’Assam, Tarun Gogoi, a déclaré, samedi, que les forces de sécurité avaient intensifié leurs opérations contre les rebelles.
Au cours de la dernière semaine, cinq dirigeants du Front uni de libération de l’Assam (ULFA) ont été tués par les forces indiennes et deux dirigeants rebelles ont été arrêtés, selon un représentant du district de Tinsukia, en Assam. Selon les observateurs, c’est probablement ce qui a mis le feu aux poudres.
Les pourparlers de paix entre le gouvernement indien et les séparatistes de l’Assam ont été suspendus en septembre dernier, ce qui a mis fin à la trêve entre les parties et a amené l’armée indienne à reprendre son offensive contre l’ULFA.
La police soutient que les rebelles veulent terroriser la population de l’Assam, qui serait majoritairement opposée à l’indépendance, selon des sondages.
Depuis 1979, les combats entre soldats indiens et séparatistes de l’Assam et du Front national démocratique du Bodoland ont fait au moins 10 000 morts, en majorité des civils.
*Source : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/
